L’équilibre, sans les petites roues

Du 15 au 21 novembre – Entre Rabat et Casablanca

Autant la semaine passée j’ai eu du mal à être hébergé, autant cette semaine c’est d’une facilité déconcertante. J’enchaîne les invitations et saute d’appartement en maison. Une rencontre ici me donne un contact là-bas, et ainsi de suite. De plus mes hôtes et les lieux dans lesquels ils me reçoivent sont d’une grande diversité. Seule la qualité de l’accueil reste inchangée.

La semaine commence donc à Rabat, dans cette ville tranquille et bien rangée. J’y passe 3 jours dans la communauté française et retrouve les coutumes qui me sont familières. Le thé de bienvenue est remplacé par l’apéritif, et le dîner se rallonge autour de la table à manger. Cette vie à la française me permet de faire le plein d’énergie pour assumer ces journées citadines bien remplies.

En effet, il y a un fort contraste entre la frénésie urbaine et le calme plat des campagnes. Les jours en ville sont confortables parce que je suis facilement logé et nourri. Mais ils sont aussi fatigants car je suis sujet à de nombreuses sollicitations. À l’inverse, lorsque je pédale entre ces zones densément peuplé, le quotidien est plus rude car je dois en permanence me soucier de trouver un toit et une assiette. En revanche je suis tranquille, seul sur mon vélo. Les deux parties me soulagent et m’usent à la fois, chacune à leur manière.

Hauteurs d’une ville marocaine

À Rabat j’ai tout d’abord rencontré Benjamin, un contact obtenu par le biais de mon partenaire Leroy Merlin Source. Il m’a été d’une grande aide à plusieurs points de vue. Lui et sa famille m’ont accueilli deux nuits dans leur appartement revisité. Benjamin m’a aussi convié à son studio de co-working où j’ai pu me concentrer sur ce fameux projet. C’était surtout l’occasion d’échanger avec lui sur ce vaste concept d’habitat. J’ai alors pu bénéficier de ses précieux conseils de sociologue-urbaniste qui ont éclairci la vision que j’ai de ce projet en pleine évolution.

Et ce n’est pas tout, Benjamin me met aussi en contact avec Manuel, Medhi, et tout un réseau d’expatriés français. J’ai alors l’opportunité de déjeuner avec un architecte-voyageur aux nombreux contacts et connaissances africaines. On discute matériaux locaux et traversée du désert. Le dernier soir j’ai le gîte et le couvert chez la famille Martin. Ils vivent au sein d’une maison coloniale, dernière résistante parmi l’invasion d’immeubles du quartier d’Agdal. Rabat est donc riche de rencontres et il m’est difficile de quitter cette ville.

Benjamin et Lorenza

Quand j’y parviens enfin, après un contre-temps administratif, je me retrouve en quelques coups de pédales à Bouznika. Cette petite ville balnéaire à 40 kilomètres de Rabat est un haut lieu d’estivage marocains. Je suis accueilli chez Hassan, un surfeur-pêcheur originaire du coin qui tient un surf shop dans la baie. Hassan rassemble une grande communauté autour de lui : sa famille, ses amis, des habitués du shop, et une ribambelle d’enfants. Il me met à disposition une grande maison qu’il loue d’ordinaire à des surfeurs ou vacanciers. J’y suis au calme pour travailler mais je préfère tout de même les petits intérieurs chez l’habitant, plus vivant.

La dualité que j’évoquais précédemment entre la vie en ville et en campagne est aussi présente dans la façon de vivre mon voyage et mon projet. Il y a des moments où je suis en hyper réflexion permanente. Je ne peux m’arrêter de penser. Je cogite à outrance. Comment profiter d’un paysage alors ? À d’autres périodes je suis incapable de réfléchir, vide de pensées. Comment écrire sur l’habitat à ce moment donné ? Je dois toujours me situer entre un certain lâcher-prise pour pouvoir apprécier, et une certaine rigueur pour pouvoir étudier. Là est l’équilibre à trouver.

Contemplation matinale

Après deux nuits en bord de mer et une session de surf pauvre en sensations, je dois repartir pour Casablanca. Me voilà dans la capitale économique en un rien de temps. À peine j’ai quitté la légèreté balnéaire de Bouz, que je me retrouve dans l’agitation du trafic de Casa. Heureusement j’ai rendez-vous avec les parents d’un copain qui vivent ici. Ainsi, je rencontre Hayat et Najib dans leur appartement, non loin de la grande mosquée Hassan II. Ils ont d’ailleurs une vue imprenable sur cette dernière. L’appartement est situé au septième étage et ils sont en train de le rénover. C’est dans ce cadre que je serais choyé les trois prochains jours.

La grande mosquée Hassan II

Ce qui est difficile c’est de garder une stabilité entre ces alternances ville / campagne, ancrage / mobilité, confort / précarité. Heureusement je peux compter sur la méditation quotidienne qui me permet d’acquérir une lucidité et un détachement sur ce que je vie. L’hygiène de vie est aussi primordiale ; ne pas boire trop de café, bien dormir, parler à mes proches, etc. Tout cela demande de l’attention. C’est loin d’être des vacances croyez-moi.

Pour finir cette semaine en beauté, je me rends avec Hayat et Najib à « la ferme ». C’est une magnifique propriété près de Sidi Rahal, en pleine campagne. On y trouve un jardin avec potager et verger, une basse-cour, et deux résidences : une maison moderne aux grands volumes, et une maisonnette traditionnelle pour les convives. Je profite de ce cadre pour en apprendre plus sur la culture marocaine.

« La ferme »

C’est donc une semaine où j’ai capté énormément d’informations de part les différents intérieurs que j’ai parcouru, et les personnes que j’ai côtoyé. Cela fait notamment du contenu pour le reportage que je suis en train d’écrire en parallèle de ces récits hebdomadaires. En contrepartie, mon compteur n’a pas beaucoup tourné. Je n’ai fait que 100 kilomètres en 7 jours ! Il est temps de quitter la côte pour rejoindre Marrakech. –

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